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Vivre en Somme n°45 (Janvier 2010) A votre service

Favoriser l’accès à la restauration scolaire
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Favoriser l’accès à la restauration scolaire

Le Conseil général facilite l’accès à la restauration scolaire pour les enfants dont les parents ont des difficultés financières. Plus de 5 000 élèves de la maternelle et du primaire sont concernés. L’aide équivaut en moyenne à 20% du coût trimestriel.

Madame, une fraction de 4 sur 12 dans un rectangle de 24 carrés signifie que je dois colorier 6, euh, 8 carrés ». Le vendredi, entre Saint-Valery-sur-Somme et Friville-Escarbotin, les exercices de mathématiques mettent en appétit les CM1-CM2 de Catherine Tschanz ! Sur les 113 élèves du groupe scolaire de Saint-Blimont (5 classes, de la petite section de maternelle au CM2), une quarantaine déjeune sur place. Et c’est possible depuis 21 ans maintenant. « Pour la petite histoire, se souvient Francis Dupont, directeur à la retraite, il fallait 10 rationnaires pour commencer le 1er jour ; mais il n’y avait que 6 élèves, donc tous les maîtres se sont inscrits. Nous étions 12. Dès le lendemain nous sommes passés à une trentaine de couverts puis à une cinquantaine. » 13,50 francs le repas en 1988-89, 2,70 euros aujourd’hui : à Saint-Blimont, les tarifs de la restauration scolaire ont augmenté dans la sobriété.

UN DÉJEUNER ÉDUCATIF
De 12h à 13h15, loin de l’ambiance fast-food, les enfants prennent leur temps dans la salle communale. Hygiène (toilette et lavage de mains), tutorat (les plus âgés aident des plus jeunes), lecture commentée du menu à tour de rôle : « Quand on donne des responsabilités aux enfants, tout va mieux », explique Catherine. Agés de 3 à 11 ans, les bambins ne s’ennuient pas, ne pleurent pas, ne réclament ni maman ni papa, ni mamy ni papy, trop contents de passer plus de temps avec les copains et les copines. Au grand soulagement des parents qui, le plus
souvent pour des raisons professionnelles, ne peuvent se libérer le midi. « Ici, les enfants goûtent à des aliments qu’ils ne veulent pas manger chez eux, ajoutent Caroline et Valérie, respectivement responsable de la « cantine » et animatrice. C’est important de leur proposer des menus équilibrés et de les voir faire le « plein » chaque midi. Après le déjeuner, ils jouent ou dessinent. » Toutes deux sont salariées de la communauté de communes de la Baie de Somme sud qui, depuis 2003, sert chaque jour 350 repas aux demi-pensionnaires des 9 écoles de son territoire.
Avec un pic à 700 la veille des vacances de fin d’année… pour le très attendu repas de Noël, ouvert à tous.

BESOIN D’AIDE : NE PAS HÉSITER
« L’aide du Conseil général, pour faciliter l’accès de tous à la restauration scolaire, est une mesure très positive », reconnaît Catherine. « Pour en bénéficier, les familles concernées par le dispositif ne doivent pas hésiter à nous contacter », rappelle de son côté Christelle Loquet, responsable administrative de la communauté de communes. À Amiens et dans sa périphérie, les standards téléphoniques des structures gestionnaires ont reçu une avalanche d’appels. Sur le dernier trimestre 2009, les services du Conseil général ont validé plus de 5 537 demandes. Des chiffres qui, début 2010, devraient encore augmenter.

Matthieu Blin

REPÈRES
En Somme :
51 000 enfants à l’école maternelle et à l’école primaire ; plus d’1/3 d’entre eux déjeunent à l’école.
18,8% des familles sont monoparentales (1 maman seule ou 1 papa seul vivant avec son ou ses enfants)
19,8% des familles ont 3 enfants ou +
Plus de 20 000 bénéficiaires du RSA

PUIS-JE BÉNÉFICIER DE L’AIDE DÉPARTEMENTALE À LA RESTAURATION SCOLAIRE ?
Montant des ressources mensuelles à ne pas dépasser pour en bénéficier :
• Personne seule vivant avec 1 enfant : 1 320€ ;
• Personne seule vivant avec 2 enfants : 1 584€ ;
• Couple avec 1 enfant : 1 584€ ;
• Couple avec 2 enfants : 1 848€ ;
+ 352€ par enfant supplémentaire

• Qui contacter ? La structure gestionnaire du restaurant scolaire de votre enfant (commune…) ou le siège du territoire médico-social le plus proche de chez vous.
Pour plus d’infos, rapprochez-vous du service Lutte contre la précarité du Conseil général au 03 22 97 24 61


INTERVIEW


SYLVIE ROUSSELET & CATHIE DHEILLY
Service Lutte contre la précarité
du Conseil général

UNE AIDE PLUS COHÉRENTE ET PLUS JUSTE

Comment est venue l’idée de proposer aux familles ce fonds d’aide à la restauration scolaire ?
« Le Conseil général a modifié l’été dernier l’aide qu’il apportait aux usagers de la restauration scolaire du premier degré pour la rendre plus cohérente et plus juste.
Auparavant, l’aide ne concernait que 2 900 enfants ! Elle était réservée notamment aux demi-pensionnaires des regroupements pédagogiques concentrés, et à ceux qui résident dans une commune dont l’école est fermée. Par ailleurs, les organismes gestionnaires qui faisaient le choix de demander un tarif élevé aux familles recevaient une subvention départementale plus importante. Ainsi, une commune qui proposait un tarif de 3,34€ percevait une aide du Département de 1,67€ alors qu’une commune qui proposait un tarif de 0,90€ percevait une aide de 0,45€ !

Que propose désormais le Conseil général ?
En mettant en place le fonds « cantine », le Conseil général veut favoriser l’accès de tous les enfants à la restauration scolaire, notamment ceux des familles qui vivent les plus grandes difficultés. Il s’agit d’une aide forfaitaire de 25€ par trimestre et par enfant, payée à la fin de chaque trimestre. Pour en bénéficier, il faut résider dans la Somme, bien sûr. Il faut également que les enfants scolarisés en école maternelle ou primaire fréquentent régulièrement la restauration scolaire. Enfin, le niveau des ressources de la famille conditionne l’octroi de l’aide.
C’est un dispositif que le Conseil général veut évolutif : avec pour volonté que tous les enfants puissent, si les parents le souhaitent, manger à la « cantine ». C’est avec cet objectif que nous ferons évoluer l’aide. »

 


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